
NETTALI.NET - La politique étrangère des Etats-Unis ne va pas changer. Puisque la structure reste la même, il n’y a pas d’incidence majeur sur le continent africain, croit savoir Albert Bourgi, professeur de droit public.
Pour le professeur de droit public, « l’Amérique est ce qu’elle est et en matière de politique étrangère, sans doute Obama a complètement bouleversé et changé la donne au cours des 4 dernières années. Il a offert le retrait de l’Irak et son gouvernement a incontestablement changé l’image des Etats-Unis dans le monde. Sans pour autant que la politique américaine ait eu une incidence directe sur par exemple le continent africain. Il n’y a pas eu les retombées que l’on pouvait attendre. Je pense que structurellement la politique étrangère américaine ne change pas. C’est le style, c’est la forme, mais dans le fond, on a toujours les mêmes blocs stratégiques. Et le bloc stratégique avec Israël, il est là, quel que soit le président des Etats-Unis ».
« Les Américains sont relativement en retrait en Libye et en Syrie. Pour autant, c’est la première puissance planétaire, ne l’oublions pas. Ce n’est plus l’hyper puissance en tant que telle et l’Amérique doit compter avec d’autres pays, d’autres puissances. Et on l’a vu avec la Syrie que j’évoquais tout de suite, les Etats-Unis semblent agir en coordination avec la Russie, s’expliquer avec la Russie, au lieu de se soumettre à l’attitude belliqueuse de pays occidentaux », renseigne le politologue.






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Affirmer sans nuance que structurellement la politique étrangère américaine ne change pas, alors que le monde lui est en perpétuel changement pose un problème d’intelligibilité.
Dans la période contemporaine, les Etats-Unis et leurs alliés traditionnels avaient pour principale visée la construction d’un monde organisé sur le libre échange et le capitalisme. Ils y sont parvenus à la suite de l’effondrement du bloc soviétique et l’affaiblissement du modèle communiste. En intégrant l’OMC, la Chine a non seulement donné sa caution au libéralisme mais elle le pratique en partenariat avec les occidentaux. Faire du "business as usual" est ce qui importe plus aujourd’hui aux décideurs et stratèges politiques que toute palabre tenue pour déjouer la vigilance des concurrents les plus craints ou les plus naïfs engagés dans l’impitoyable compétition internationale.
Evidemment l’environnement des affaires a besoin d’être sécurisé, et, le terrorisme international a mis d’accord toutes les puissances légitimes pour le combattre partout au nom de la sécurité collective. S’ils se contentaient d’allumer des pétards ou seulement à faire le bras d’honneur, les terroristes ne troubleraient pas le sommeil des grands de ce monde. Bien au contraire ils opposent des formes de puissance à la puissance des Etats.
Mais que ce soit l’Irak ou l’Afghanistan, ce type de guerres non conventionnelles coûte cher à la fois en termes économiques ou par rapport à l’opinion publique domestique. L’Américain moyen vivant au fin fond de l’Iowa ne comprendrait pas pourquoi un GI irait mourir en Cyrénaïque. C’est pour quoi entre grandes puissances alliées soit on mutualise les moyens (coalition) soit on sous-traite (soutien aux combattants dans les guerres de partisans : cas de la Syrie, Egypte...) selon l’intérêt géostratégique de l’évènement géopolitique.
L’administration Obama aurait été bien peu avisée si elle n’avait pas tenu compte de ces réalités qui font muter les politiques étrangères.
Il reste vrai que le soutien inconditionnel à Israël demeure une constante de la politique étrangère américaine. Car pour Washington, l’Etat hébreu est un multiplicateur de puissance dirigé non seulement vers le Moyen Orient, mais vers les pays du Caucase dont la transition démocratique se fait de manière chaotique.