jeudi 1er novembre 2012

INTERVIEW DE CHEIKH LO AVEC ENQUETE
"Youssou Ndour a été naïf"

Le chanteur et musicien, Cheikh Lô n’est pas d’accord avec la décision de Youssou Ndour de mettre sa carrière musicale en veilleuse pour se consacrer à la politique et à sa fonction de ministre de la République. Il pense ni plus, ni moins que le chanteur "a été naïf". Youssou pense toutefois qu’avec la culture qui lui a été enlevée, et "les loisirs" ajoutés à son ministère, il peut continuer à jouer son rôle d’"acteur culturel".


M. Lô, que pensez-vous de la qualité de la musique sénégalaise aujourd’hui ?

Je dirais que c’est la conception musicale qui pose problème aux musiciens. Sinon, il y a d’excellents musiciens au Sénégal, et ils sont nombreux. Mais comme je l’ai dit, c’est un problème de conception musicale qui se pose. Les gens suivent une vague musicale. Je crois qu’il est temps de se démarquer.

Quand vous parlez de vague musicale, vous pensez à quoi ?

Je pense au mbalax pur et dur. Pourquoi nos musiques ne passent pas sur certaines radios comme RFIalors que les musiques congolaises y passent. Je rencontre les musiques maliennes et guinéennes dans les grands festivals du monde. Mais je ne rencontre pas mes compatriotes Sénégalais. Cela me fait extrêmement mal. Je suis presque le seul Sénégalais à les côtoyer. Chaque fois que je vais dans ce genre de rencontres, je ne vois que d’autres cultures venues de pays du monde mais pas du Sénégal.

Selon vous, pourquoi le mbalax n’est pas vendable à l’étranger ?

Sur le plan mondial, certains l’écoutent. Mais c’est un peu brouillon, il y a trop de bruits. Il y a trop de tintamarre. Il faut qu’on revoit la conception musicale. Il faut aussi voir comment raffiner cette musique afin qu’elle soit accessible aux autres.

Pourtant, Youssou Ndour fait du mbalax et cela a bien marché pour lui même à l’étranger

Le mbalax n’a jamais marché pour Youssou Ndour. Il a connu du succès avec Seven Seconds. Ça c’est de la musique mais pas du mbalax, et ce qui lui a valu un disque d’or. Pour toutes les distinctions qu’il a eues, ce sont des musiques étrangères qui le lui ont valu. On n’a jamais eu de distinction avec la musique sénégalaise dite mbalax. Le mbalax n’a jamais marché, je le dis depuis longtemps. Le Sénégalais qui consomme cette musique la connaît et la maîtrise, ce qui n’est pas le cas de l’Ivoirien ou d’un autre non Sénégalais.

En plus de réformer le mbalax, comment faire avancer la musique sénégalaise vu qu’il y a de bons musiciens ?

Il faut que les gens fassent comme nous. Nous sommes sollicités partout à travers le monde. Pourquoi pas les autres ? Il y a une différence entre ce que nous proposons et ce que eux proposent. La différence notée s’explique par l’expérience acquise. Là, nous nous apprêtons à aller jouer à Nice pour l’inauguration d’un monument pour les tirailleurs sénégalais. Les membres du gouvernement français, ainsi que les hautes autorités de l’armée française, vont prendre part à la manifestation. Pourquoi ces gens-là m’ont choisi alors qu’il y avait des Maliens et d’autres Africains ? Ils m’ont choisi parce que j’incarne toutes les musiques de la sous-région au moment où les autres demeurent encore dans leurs coquilles. Donc, il y a une différence énorme.

Qu’est-ce qui fait la différence dans votre musique ?

Cheikh Lô a une longue expérience. Cheikh Lô n’est pas de la génération actuelle. J’ai commencé à faire de la musique en 1975. C’est trente sept ans de musique. Il y a beaucoup de gens qui font actuellement de la musique qui n’étaient pas encore nés à cette époque. L’expérience fait la différence.

Si on vous demandait de comparer ces deux générations, que diriez vous ?

Notre génération faisait de la vraie musique. Cette génération est meilleure que l’actuelle. Les musiciens des années 1970 avaient beaucoup de respect pour la musique et pour ce qu’ils faisaient. Ils y croyaient et, pourtant, ils n’avaient pas les moyens de leurs ambitions. À cela s’ajoute un refus catégorique des parents de voir leurs enfants faire de la musique. Et ceux-ci leur tenaient tête. Aujourd’hui, cela a changé, les parents amènent leurs enfants dans des écoles de musique. Ils investissent beaucoup d’argents afin que leurs enfants réussissent dans ce créneau. Souvent c’est pour rien car la passion n’y est pas.

Et si vous devez apprécier d’autres musiciens comme Baaba Maal ?

Baaba Maal n’est pas de la nouvelle génération, il est de la nôtre. Il est excellent dans ce qu’il fait et est authentique. Il fait du “Yella” et çà marche pour lui.

Qui est votre musicien préféré ?

Au Sénégal, il n’y a presque plus de référence. Youssou Ndour était une voix sénégalaise et africaine. Macky (Sall, président de la République du Sénégal) l’a choisi dans son gouvernement et éloigné de la musique. Il a tué ainsi la musique en le mettant dans un domaine qu’il ne maîtrise pas. Ce qu’il savait le mieux faire, c’est chanter et on l’a sorti du secteur. Cela porte préjudice à la musique et à Youssou Ndour. Il y a une voix sûre de moins. Macky devait le laisser continuer dans le chant. Ce qu’il a gagné dans la musique, il ne peut l’avoir dans le gouvernement de Macky Sall. Il a été milliardaire avant d’intégrer le gouvernement. Tout ce qu’il a, il le doit à la musique. Il va perdre des fans. Les musiciens avec lesquels ils travaillaient sont en congé forcé. Il ne devait pas suivre, il a été naïf. Il doit quitter le plus vite possible le gouvernement et revenir à la musique.

Si certains interprètent l’amputation de la Culture du département ministériel géré par Youssou Ndour comme une dévaluation, ce dernier estime au contraire qu’il retrouve une certaine liberté. Le ministre du Tourisme et des Loisirs annonce qu’il va reprendre le micro, loin de sa boîte de nuit le Thiossane, mais partout où ce sera nécessaire à travers le monde pour vendre la destination Sénégal.

EnQuête : Beaucoup estiment qu’on vous a dégradé en vous enlevant le ministère de la Culture. Quels commentaires ?

Youssou Ndour : Pour moi, c’est la vision que les gens ont du Département de la Culture. Il faut reconnaître que beaucoup ont une conception plutôt élitiste de la Culture. C’est une orientation intellectuelle qu’il faut bien prendre en compte. Et je comprends bien qu’on veuille assurer une certaine continuité. Je ne dis pas que je ne suis pas un intellectuel, mais j’ai une vision qui fait que je privilégie aussi l’économie de la Culture. Pour moi, l’aspect Xumb, qu’on pourrait comprendre par Folklore joue un rôle très important dans le développement de la Culture. Ce n’est pas le seul aspect... Donc je ne pense pas qu’il y ait eu dévaluation de quelque nature. Je pense plutôt que mon nouveau statut de ministre de la Culture et des Loisirs colle mieux à ce que j’ai envie de faire. Et vous allez bien voir...

Un artiste comme Cheikh Lô estime que vous avez délaissé votre rôle de leader dans la musique pour un poste ministériel...

Je suis bien conscient que je suis un acteur culturel. J’essaie de bien l’incarner. Et ce rôle qui me colle à la peau, je crois qu’il sera difficile de me l’enlever. Justement, tant que j’étais ministre de la Culture, ce rôle était difficile à jouer, je dois l’avouer. Mais avec les Loisirs, je peux bien jouer ce rôle.

En quoi faisant ?

Il s’agit pour moi de bien respecter le travail que je fais. Respecter mon travail, c’est l’accomplir avec tout le professionnalisme que requiert la fonction de ministre. Ce rôle-là, je compte bien le jouer en bonne intelligence avec le chef de l’Etat, le Premier ministre, les autres membres du gouvernement et les acteurs du secteur qui m’a été attribué. Je vais donc respecter mon travail et en même temps, je peux désormais tenir des concerts tout en restant dans la vision de mon ministère. Je suis aujourd’hui en mesure de faire beaucoup de choses. Il ne faut pas oublier que je suis aussi un développeur de culture.

N’avez-vous pas perdu la main depuis 7 mois qu’on ne vous a pas vu sur scène ?

Je ne le crois pas. Et puis il faut comprendre que je ne m’inscris pas dans une dynamique de compétition. Il s’agit comme je l’ai dit, de faire en sorte que cela participe à doper l’action que je mène par exemple dans le domaine de la Culture. Si je peux le faire pour la bonne marche des choses, pourquoi devraisje m’en priver ? Si par exemple le fait de jouer peut permettre de renforcer la destination parisienne au bénéfice du Tourisme au Sénégal, je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas. Et là, Tourisme et Loisirs sont liés. Je pense qu’il faut éviter d’être rigide, surtout lorsqu’on parle de développement d’un secteur aussi important que celui que je dirige.

Peut-on donc s’attendre à ce que Youssou Ndour joue par exemple au Thiossane Night Club ?

Non, je ne jouerai pas au Thiossane. Par contre, pour la reprise de Bercy, c’est tout à fait possible. Comme je vous l’ai déjà dit, je ne suis pas là pour les vieilles méthodes. Si je peux apporter quelque chose en jouant, je n’hésiterais pas.

Que devient votre mouvement Fekké ma ci boolé ? On a l’impression qu’il est en veilleuse...

C’est un peu excessif de parler de veilleuse. Pour moi, l’actualité, c’est ce que je peux apporter au pays dans le cadre de l’action gouvernementale. Je l’ai déjà expliqué à Aliou Ndiaye qui en est le Coordonnateur et il comprend parfaitement les urgences de l’heure pour le pays. Cela dit, c’est un mouvement qui continue à travailler. Mais je pense que l’urgence, c’est notre efficacité au niveau du gouvernement. Le moment venu, nous en parlerons



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    Mouhamed Faouzou DEME
    1er novembre 2012 21:16

    Lettre ouverte au Ministre du tourisme Youssou Ndour A l’occasion du lancement de la saison touristique 2012/2013

    Monsieur le Ministre,

    Je m’appelle Mouhamed Faouzou DEME je suis Conseiller Spécial à l’Agence Nationale de Promotion Touristique, j’ai appris par voie de presse que vous préparez le lancement de l’ouverture de la saison touristique 2012 /2013 et que vous avez choisi la région de Ziguinchor pour le lancement officiel prévu du 02 au 04 novembre prochain.

    Selon le site qui a donné l’information, ce choix s’inscrit dans le cadre de la relance de la Destination Sénégal. A cet effet, vous rencontrerez tous les acteurs engagés dans le développement du secteur.

    A la lecture de ce programme, selon le site d’information, la délégation débutera sa tournée par une visite au centre artisanal de Ziguinchor, et tiendra un CRD avec les acteurs du secteur, avant d’aller rendre une visite de courtoisie au Roi d’Oussouye.

    Diverses activités sont à votre programme notamment : L’accueil du premier vol après que vous ayez procédé à l’ouverture officielle de la saison 2012 /2013.

    Ainsi, l’objet de cette lettre ouverte Monsieur le ministre, est d’attirer votre attention sur les faits ci-dessous, en vous rappelant que je fus Conseiller Spécial au Cabinet de votre prédécesseur.

    1- Votre programme d’ouverture de la saison touristique est vieux de plus d’une douzaine d’années, rien de nouveau n’a été apporté à votre voyage marathon ou vous ne verrez que ce que vos collaborateurs veulent vous faire visiter.

    2- Un atelier de CRD devait ce tenir ici à Dakar en premier, et un autre à Ziguinchor avant votre arrivée, avec les responsables régionaux et départementaux en collaboration avec le patronat du tourisme

    3- Un comité technique pluridisciplinaire de votre ministère, composés des autres départements ministériels concernés, devaient être mis sur pied au plus tard un mois avant l’événement pour prendre en charge les préparatifs de cet événement hautement promotionnel, qui ne peut se faire sans l’implication de l’Agence Nationale de Promotion Touristique (ANPT), le bras armé de votre département en cette circonstance.

    4- Après votre visite et échanges avec les autorités locales toujours en compagnie du patronat du tourisme, et des autres services de l’Etat, vous procéderez à la validation des propositions du CRD et à la prise d’engagements fermes à apporter des réponses idoines aux préoccupations des acteurs de cette région.

    Tout cela n’est pas le fait le plus important de la lettre Monsieur le Ministre.

    je voudrais vous épargner tant de désagréments et vous dire que je suis au regret de le dire monsieur le Ministre, vous êtes mal entouré, mal conseillé, et mal écouté si toutefois vous arrivez à vous faire entendre.

    Je prends l’exemple du FONDS DE PROMOTION TOURISTIQUE, qui est aujourd’hui bloqué, confisqué par un décret qui ne dit pas son nom.

    Et depuis l’annonce de la suppression de l’Agence, en dehors du top résa et de Moscou aucune action de promotion d’envergure n’est faite dans le respect des textes et des procédures en accord avec le secteur privé qui est INCONTOURNABLE dans la gestion de la promotion de la destination et du fond.

    Comment pouvez-vous (l’ETAT) confisqué la gestion du fond, être en désaccord avec le secteur privé, et ignorer l’existence et les prérogatives de l’ANPT ?

    Vous souhaitez lancer l’ouverture de la saison touristique dans le désordre et la confusion totale. À l’heure ou la coordination patronale du tourisme, le secteur privé touristique, les consultants, professionnels, étudiants, et associations ne sont impliqués et informer.

    Monsieur le Ministre la destination Sénégal est bloquée, elle ne marche pas, les récents événements du football et la colère des thiantakounes ont donné un coup de froid à la saison 2012 /2013. Votre responsabilité en tant qu’Etat est engagée, ouvrez de larges concertations avec les acteurs.

    J’avais attiré l’attention du secteur par deux contributions parues dans les sites d’informations, ou je disais que le tourisme interpelle le monde du football avec des propositions à mettre sur la table de négociations.

    L’autre contribution traite de la question des violences et la nouvelle appellation tourisme et loisirs de votre département qui montrent, le mépris de l’Etat envers le secteur privé touristique, à travers ce manque de dialogue et de respect.

    Le rapport de force de l’état qui empêche le secteur de s’épanouir, est le résultat de votre politique au sens de l’approche participative que devaient avoir toutes vos initiatives pour le seul intérêt du Sénégal et du tourisme.

    Monsieur le Ministre Le secteur du tourisme crie au scandale, et je vais vous dire : La résistance civile et économique est une réponse conforme aux enseignements de nos religions. Ceux qui règnent par l’abus, périront par le mépris. Ainsi Obéir à un décret n’a de sens que lorsque son contenu et son commandement sont justes. Au cas échéant, se battre par le refus devient alors un devoir et une réponse à la sauvegarde de son honneur et de sa dignité. C’est ce que fait le secteur privé.

    Monsieur le Ministre acceptez de revoir votre copie et votre démarche dans l’intérêt supérieur de la république, de celui du secteur et de vous-même.

    Changez de collaborateurs si vous voulez aller loin, très loin ! Qui va loin ménage sa monture.

    Mouhamed Faouzou DEME
    Expert en tourisme


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      Expert
      2 novembre 2012 09:30

      Cher Monsieur Deme ;
      Vous qui cherchez à vous positionner dans la nouvelle équipe chargée du Tourisme, comment ce fait il que vous n’ayez pas trouvé les solutions et apporté des résultats dans l’équipe précédente ??


      • {#EMAIL,70,#CHEMIN{images/gravatar.png}}
        oukout
        27 novembre 2012 10:39

        Wakh degueu Yalla !!
        Ce mec n’a rien d’un expert.



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