dimanche 28 octobre 2012

CHERIF SALIF SY, ECONOMISTE
« On sortira inévitablement de la Zone franc »

NETTALI.NET - L’économiste Chérif Salif Sy était l’invité ce dimanche de l’émission « Objection » sur Sud Fm. Entre autres questions, il a abordé celle de la monnaie, particulièrement la situation du franc Cfa et des relations des pays qui l’utilisent avec la France.


« On sortira inévitablement de la Zone franc », selon l’économiste Chéri Salif Sy qui argumente : « Ce n’est pas viable, ça hypothèque notre avenir. Nous avons des difficultés, des problèmes de gestion et je pourrais sortir des choses sur la façon dont la France tire des bénéfices de la Zone franc. Déjà en 1960, un des membres du Conseil de surveillance de la zone franc disait que les ressources de la Zone franc nourrissaient 500 000 personnes. Aujourd’hui, les ressources ont été multipliées par on ne sait combien. L’argent est là, les caisses sont pleines, ça ne sert que la France ».

Donc, pour l’économiste, « il faut sortir de la Zone franc, mais ça se fera de façon concertée. L’Afrique a un engagement très fort par rapport à l’intégration régionale et on peut avoir d’autres arguments. Est-ce que la Zone franc a favorisé l’intégration des pays concernés ? Est-ce que la Zone franc a favorisé le commerce ? Les réponses sont non. Aujourd’hui encore, on n’arrive pas à avoir 15% d’échanges entre nous. A ce moment-là, à quoi sert la monnaie ? »

A en croire M. Chérif Salif Sy, l’autre question, c’est est-ce que les pays qui ont quitté la Zone franc s’en portent-ils plus mal ? « Il y a des statistiques qui existent, par l’Ocde, le Fmi. On ne se comportent pas mieux, malgré tout ce qu’on dit, que les pays qui ont leurs propres monnaies ».



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    Amaïzo
    29 octobre 2012 02:03

    Bonjour

    D’abord félicitations au Dr Cherif Sy pour son courage. En ces temps qui courent, peu d’économistes africains ont le courage de leur opinion surtout que les pouvoirs en place ne se gênent pas de les brimer en les marginalisant de la vie économique dès lors que ces experts africains ne s’alignent ni sur les positions de la France, ni sur celles de leur pays de naissance.

    Sur le fond, la décision de sortir du Franc CFA est politique même si la convergence des critères macroéconomiques de bonne gouvernance économique peinent à converger, surtout en Afrique de l’Ouest. Tant que les chefs d’Etat francophones ne seront pas disposés à s’organiser collectivement et en dehors de la zone francophone, cette question de la sortie du Franc CFA restera un serpent de mer.

    En réalité, d’après les discours et positionnement du Président François Hollande et son ministre de l’économie et des finances, Mr Moscovici, l’avenir de la zone franc est d’aller vers des zones réellement intégrés, c’est-à-dire aller vers une intégration avec une seule zone FCFA et non plus 3 actuellement (ouest, centrale et Comores). Le mouvement semble se faire graduellement avec d’abord l’Afrique centrale en surliquidité grâce au pétrole et matières premières non transformées et l’Afrique de l’Ouest embourbée dans les conséquences de guerre initiée par l’ex-Président Sarkozy. Le vrai problème est que la notion de solidarité au sein de la Francophonie, risque de ressembler au niveau de la zone franc à un soutien supplémentaire et faussement libre des pays excédentaires pour "aider" la France en voie de récession en 2013 et soutenir les faiblesses de la zone ouest de la zone franc.

    Le Franc comorien pourrait à terme trouver des arrangements avec Comores qui vit au rythme de l’Euro.

    Le problème est clair. La sortie du FCFA se fera, mais quand et surtout pour être remplacé par quoi dès lors que les chefs d’Etat francophones refusent tous cessions d’une parcelle de leur pouvoir sauf si peut-être le vrai patron du conseil d’administration de la zone franc, à savoir la France, décide réellement de ne plus être membre de la zone franc d’Afrique et du conseil d’administration par la même occasion.

    Mais là, il s’agit d’une mutation des mentalités et les décisions françaises en la matière ne sont pas encourageantes. Mais au fond, si la vérité des urnes fonctionnaient mieux dans la zone franc, cette décision aurait été prise depuis des millénaires. Merci pour votre éclairage et votre courage. Que le gouvernement sénégalais ne se prive pas d’experts de votre niveau, membre, entre autres,des économistes de l’Union africaine. Meilleures salutations
    Washington D C
    29 octobre 2012
    Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Ph D, MBA
    Directeur Afrocentricity Think Tank


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    Lol
    29 octobre 2012 09:38

    "On sortira inévitablement de la zone franc"

    "Sur le fond, la décision de sortir du Franc CFA est politique même si la convergence des critères macroéconomiques de bonne gouvernance économique peinent à converger, surtout en Afrique de l’Ouest. Tant que les chefs d’Etat francophones ne seront pas disposés à s’organiser collectivement et en dehors de la zone francophone, cette question de la sortie du Franc CFA restera un serpent de mer"

    Vous avez résumé le problème. Reste à savoir ce que pesera économiquement cette organisation. Pour le moment, le PIB du Sénégal est équivalent à celui de la Moselle.
    Si vous additionnez tout les PIB des états Francophones africains quel poid économique cela représente-t-il ?
    Dés lors quel sera la valeur de la monnaie ?
    Pour le moment(pour la stabilité des pays) ne vaut-il pas mieux une monnaie qui reste "arrimée" à l’euro ?
    A mon sens le Sénégal à tout intèrêt à developper son économie d’abord (création de richesse, augmentation du PIB) avant de sortir de la Zone franc.

    "l’argent est là les caisses sont pleines"

    Ici encore il faut raison garder.Lorsque un pays fait entre 4 et 5% de croissance il convient de relativiser. 5% de 100 frs cela ne fait jamais que 5 frs alors que 1% de 100 000 000 de frs cela fait 1 000 000 de frs

    A l’heure actuelle, une indépendance monétaire serait hazardeuse car elle entraînerait une dévaluation de la monnaie, une augmentation du coût de la vie pour les population et des risques d’instabilités.

    En Afrique les chantiers sont ailleurs les fondammentaux économiques ne sont pas assez forts et stables pour l’indépendance monétaire. Elle sera utile mais plus tard



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