
NETTALI.NET – Ce n’est pas tous les jours que nos chaînes de télévision chamboulent leur programme pour zoomer sur un dossier chaud de l’actualité.
Les inondations. Bien sûr, quand « Sen Tv » a commencé à faire son direct lundi dernier, les autres continuaient à servir, qui du foot, qui un talk-show, qui un programme inclassable dans les catégories de genres audiovisuels ; c’est après que l’effet boule de neige est apparu : elles se sont toutes jetées à l’eau.
Les images des dégâts causés par les inondations, les Sénégalais commencent à s’y habituer. La nouveauté cette année, est le nombre de chaînes qui ont traité l’événement de long en large, comme lors des heures chaudes de février/mars derniers, lorsqu’il fallait faire partir Abdoulaye Wade du pouvoir. Images de désespoir ; mais aussi gestes de solidarité.
Bien sûr, il y en aura toujours (les pieds à sec dans des salons cossus) pour critiquer la manière dont la solidarité de certains de nos compatriotes s’exprime.
On a entendu sur les stations de radios et quelques plateaux de télé des membres du clergé « médiatico-religieux » rappeler qu’il faut savoir donner, rien que pour donner. « Et que la main gauche ne sente pas l’action de la main droite », ne dit pas la belle expression qui renvoie au don discret, dans la solitude d’une bonne action ? Mais non, l’essentiel est ailleurs.
Il est dans cette foule de gens qui ont pensé à l’autre, des anonymes et des moins anonymes obligés de payer là une sorte de rançon de la gloire. N’auraient-ils pas mis la main à la poche que l’opprobre de l’opinion serait tombée sur eux : « avec tout leur argent, ils ne sont même pas fichus de faire en geste », répètent, jaloux ou véridiques, c’est selon, les « observateurs » dont les plus vicieux analysent le profil des donateurs.
Ainsi, le fameux Harouna Dia de l’Apr (le parti de Macky Sall), dont la richesse égalerait celle de la Bceao (dans « Hyènes » Djibril Diop Mambéty, n’a-t-il pas fait de la Linguère Ramatou une dame aussi fortunée que la Banque mondiale ?) a offert 30 millions ; une somme annoncée sur les ondes par son jeune frère par ailleurs questeur de l’Assemblée nationale nouvellement élue. La Sonatel a mis 120 millions dans le réseau de solidarité pour rendre fonctionnel le dispensaire de Yoff.
Le puissant Groupe Mimram, constitué de la Compagnie sucrière sénégalaise et des Grands Moulins de Dakar, a offert 100 millions de francs Cfa en guise de contribution au plan d’Organisation des secours (plan ORSEC) tandis que CFAO-Sénégal, filiale de la CFAO, leader de la distribution automobile en Afrique, a remis un don de 15 motopompe. Qui a t-on oublié ? ah, oui...
Les transitaires ont remis 08 millions au Dg des douanes. Les nouveaux riches, les stylistes, les coiffeuses, un grand promoteur de lutte actuellement en bisbilles avec le CNG, des chanteurs, quelques lutteurs, les associations : tout ce que le pays compte comme gens-qui-font-du-bien et qui tiennent à le manifester ont mis la main à la poche. Les élans de solidarité collective sont rares pour ne pas être soulignés même si les dons sur certaines chaînes avaient des allures strip-tease. L’ostentation. Mais qu’a fait l’Etat, lui le plus riche ?
La grande actualité appelle toujours la grande actualité. Macky Sall a marché sur les eaux en réglant trois grands problèmes : plus de Sénat car il doit mobiliser beaucoup d’argent afin de faire face aux inondations ! Ce même Sénat qui était en train de lézarder sa coalition, « Benno Bokk Yakaar ». Sur ces coups là, la Rts est imbattable.
Mardi, 22 heures, en direct du salon d’honneur. Le président de la République –le terrain avait été déblayé quelques heures plus tôt par ses communicants qui ne parlaient plus de visite privée en Afrique du Sud- qui rentre ventre à terre au pays. « La Pointe Sarène » ramène un président qui n’a pas envie de rire...
Partager les difficultés de ses compatriotes. Solennel, mais comme débarrassé d’un lourd fardeau, il a exécuté le Sénat, à l’autel des demandes fortement exprimées par des alliés, toujours nécessaires dans son chronogramme, que sont les « Assises nationales », l’imprévisible « Y en à marre » dont les dirigeants ont compris que leur principal patrimoine restait leur indépendance, et ce peuple de la rue qui l’a plébiscité, il ya 05 mois et qui dévore les « unes » devant les points de vente des journaux.
Les membres de son propre parti seront les premiers à payer les frais de la suppression du Sénat. Sur 45 investis sur le scrutin majoritaire départemental, l’Alliance pour la République avait réussi à « placer » 36 de ses responsables, ne laissant « que » 09 départements à ses alliés.
Et comme si tous ces alliés et Apéristes qui se disputaient une part du gâteau, ne voulaient pas du Sénat, ils ont tous applaudi avec force de réactions dans les médias, lorsque Macky Sall a décidé de la suppression du Sénat. Et pourtant rien que dimanche dernier, sur la Rfm, Mody Niang avait fini de pointer du doigt l’indécence de ce fameux Sénat et le silence coupable des alliés, les égratignant au passage sur leur "dignité" en berne. Ah ces politiciens !
C’est justement la frustration née de tous ces renoncements qui est retombée sur Yaya Jammeh, avec un Macky Sall qui se sent testé par son ubuesque voisin. Colère froide, difficilement retenue. Ces semaines devraient être celles du tout ou rien avec le dictateur de Kanilai, sournois et perfide comme une hyène. Pauvre Gambie !






Idiovisuel



























La colère même froide est mauvaise conseillère, c’est connu et du coup tout le monde tire sur la mauvaise cible. La trahison du dictateur de Kanilaï est du même acabit sinon à un cran en dessous de celle de son prédécesseur : il a tué l’espoir d’une Sénégambie tant rêvée...
La faute à l’autre qui voulait d’un Sénégal "Quartier latin" de ...l’AOF. Sans ce produit de la perfide Albion ...qui pouvait altérer la pureté de la langue de Molière. J’aime You à la Culture ...pour une promotion de nos langues : le meilleur champion potentiel.