
Le Monde.fr avec AFP et Reuters - L’ancien président des Etats-Unis Bill Clinton a éreinté, lundi, le républicain Mitt Romney et affirmé que sa politique serait "calamiteuse pour [Les Etats-Unis] et le monde" s’il battait en novembre Barack Obama, alors que M. Clinton aide le président sortant à remplir son trésor de campagne.
Le prédécesseur démocrate de M. Obama a mis toute sa verve et son influence au service de son successeur au cours de trois réunions de levée de fonds successives à New York, repaire de riches donateurs du parti démocrate.
L’ancien président, âgé de 65 ans, a montré qu’il avait gardé toute son éloquence en se moquant d’un élu républicain du Congrès, Allen West, qui a récemment affirmé qu’une grande partie de ses collègues démocrates étaient communistes. "Nous ne sommes pas dans les années 1950. Au moins Joe McCarthy pouvait faire valoir qu’il y avait un ou deux communistes en activité", a affirmé M. Clinton, en allusion au sénateur qui avait lancé la "chasse aux sorcières" il y a cinquante ans. "Mais personne n’a plus vu de communiste depuis plus d’une décennie", a ajouté M. Clinton, très applaudi.
Il a aussi inauguré une ligne d’attaque inédite contre les républicains en les accusant de défendre un modèle économique de rigueur qui a selon lui échoué en Europe : "De l’austérité et du chômage tout de suite, et après, un budget à long terme où quand l’économie reprendra des forces, les taux d’intérêt seront tellement élevés que personne ne pourra rien faire." Il s’en est pris avec vigueur à M. Romney et ses alliés au Congrès : "Lorsque l’on regarde le budget qu’ils ont présenté, ils ne veulent pas seulement abroger [la réforme de l’assurance-maladie], ils parlent d’abroger le New Deal [les acquis sociaux des années 1930]", a-t-il accusé avant d’ajouter : "Et je n’exagère pas."
PLUS DE 3,6 MILLIONS DE DOLLARS DE RECETTES
Après une réunion chez un riche investisseur où 50 personnes ont payé 40 000 dollars par tête, MM. Obama et Clinton ont participé à une soirée de gala dans un palace où s’est produit Jon Bon Jovi, à 2 500 dollars la place minimum pour 500 participants. Les deux présidents se sont ensuite rendus dans une salle de Broadway pour un concert baptisé "Barack on Broadway" en présence d’une pléiade de stars, pour lesquelles 1 700 spectateurs avaient acquitté chacun au moins 250 dollars. Les recettes devraient donc dépasser 3,6 millions de dollars, un chiffre ne tenant pas compte d’un tirage au sort qui a permis à trois personnes de rencontrer MM. Obama et Clinton. Une telle opération avait plus que doublé les recettes d’une soirée de M. Obama chez George Clooney près de Los Angeles en mai.
Jon Bon Jovi au pied d’Air Force One, à New York, le 4 juin.
Récupérer des fonds s’avère crucial aux Etats-Unis pour faire fonctionner des campagnes électorales dont le coût se chiffre en centaines de millions de dollars, et M. Obama participe à de telles réunions à un rythme effréné. M. Romney semble jusqu’ici davantage bénéficier de nouvelles règles sur le financement des campagnes qui ont permis aux entreprises d’y contribuer sans limites.
NOUVELLE VIDÉO DE CAMPAGNE
L’équipe de Barack Obama a diffusé lundi une publicité de campagne critiquant le bilan économique de Mitt Romney lorsqu’il était gouverneur du Massachusetts. La vidéo d’une minute affirme, en citant un article du journal Boston Globe, que le gouverneur Romney - qui a été à la tête de l’Etat de janvier 2003 à janvier 2007 - présente l’un "des pires bilans économiques du pays".
Le clip, intitulé "Heard it before" ("déjà entendu avant"), assure que lorsque M. Romney était gouverneur, le Massachusetts a perdu 40 000 emplois dans l’industrie manufacturière et s’est classé 47e sur 50 Etats en terme de créations d’emplois.
Cette vidéo au de 10 millions de dollars intervient quelques jours après la publication de mauvais chiffres de l’emploi aux Etats-Unis au mois de mai. Elle sera diffusée dans plusieurs Etats-clés de la présidentielle dans les prochains jours.
Le camp Romney a réagi lundi à cette offensive des démocrates, notamment via la porte-parole de l’équipe de campagne, Andrea Saul, qui a estimé que, "comme président, Barack Obama présente un bilan de milliers de millions de dollars de déficits, de dette nationale galopante, d’emplois détruits et du chômage chronique le plus élevé de l’histoire".






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