NETTALI.NET - "Si je gagne, j’encaisse, si je perds j’encaisse quand même. Alors autant perdre et encaisser". Voilà une phrase qui pourrait résumer l’attitude de certains lutteurs, tel Tyson qui a toujours affirmé faire du "business" son crédo dans l’arène.
Il est vrai qu’il aura permis aux cachets des lutteurs de grossir parce qu’il a voulu vivre de ses muscles et de sa sueur. Parce que la lutte, au fond, consiste à presque entièrement se dénuder et à se donner en spectacle devant des millions d’yeux braqués sur soi. C’est aussi savourer sa victoire un jour, essuyer une défaite, un autre jour, parfois de manière humiliante, telle cette image de Tyson le visage recouvert de sable après son atterrissage au sol face à Balla Gaye II.
La lutte, c’est vrai que c’est du business qui se singularise par l’organisation de combats à grands renforts d’annonceurs qui se disputent le leadership, prêts à payer le prix fort pour figurer en bonne place. Et jusque là, c’est normal que des lutteurs comme Tyson veuillent prendre leur part du gâteau puisque, si des promoteurs comme Gaston Mbengue, qui passent leur temps à crier dans les médias qu’ils ne vendent pas trop de billets, ils continuent à organiser des combats. La preuve que cela marche et tant mieux pour eux.
Mais là où cela pose problème, c’est lorsque Mohamed Ndao déclare ouvertement faire du business. Il n’est nullement gêné de le faire savoir à qui veut l’entendre. Il est vrai que c’est son job, mais cela signifie t-il pour autant qu’il doive faire preuve d’un tel manque de pudeur et de mépris à la face du monde en déclarant qu’il n’est là que pour le business. Tous les lutteurs font évidemment du business, mais du moins dans le sens de gagner leur pain en s’affrontant dans l’arène. Mais, la quasi totalité d’entre eux a l’intelligence de ne pas le dire, même si elle le pense par ailleurs. Il est quand même un sacré bonhomme ; il n’est pas n’importe qui et a une image à défendre, servir d’exemple : le Cheikh !
Eh oui, Tyson, c’est ce bonhomme qui arbore fièrement le drapeau américain sous nos cieux dans ce sport si profondément enraciné dans la terre sénégalaise. Paradoxe ! Balla Gaye II a si bien compris l’idiotie d’un tel acte qu’il a arboré, comme pour lui donner une leçon de civisme, un Tee- shirt avec les inscriptions "j’aime mon pays" sur fond de couleurs nationales vert-jaune et rouge.
Tyson c’est aussi ce lutteur qui se la joue intello, qui cherche à prendre de la hauteur lors des face à face avec la presse qu’il en devient un brin méprisant et condescendant.
Il est toutefois désolant de constater que, même si l’argent a envahi l’arène, la lutte est avant tout, un sport avant d’être un business. Ceux qui viennent au stade, dépensent leur argent ; ceux qui s’évanouissent ou pleurent à chaudes larmes, lorsque leur idole perd un combat, ceux-là, se rendent au stade pour vivre une passion pour laquelle, ils doivent être respectés. Ceux qui passent des heures et des heures à commenter les combats et à faire des pronostics, ceux-là également méritent le respect.
Mais, assister à un combat où le lutteur fait semblant de se battre en sachant qu’au bout du compte, il encaissera quand même son cachet , n’est pas la raison d’être de ce sport qui est d’abord un aspect de notre culture très fort, de notre identité sénégalaise, le sport le plus populaire du moment. L’on a même pensé un moment que les promoteurs arrangeaient certains lutteurs proches de la retraite et qui ne devaient pas forcément, au vu de leurs piètres résultats, prétendre à des combats.
Tyson a en tout cas commis ce pêché, celui d’avoir déclaré tout haut qu’il faisait du business, refusant à un certain moment d’esquisser gratuitement des pas de "baak" (danse) pour les amateurs nombreux au stade le dimanche. Mais heureusement qu’à un certain moment, il s’était rendu compte du désamour qui s’installait entre lui et ses fans. En effet, il n y a de star que par rapport à un public, des médias et des fans.
Un peu de modestie forcément retrouvée après ses défaites contre Yékini et Bombardier et surtout avec la montée en puissance d’un poulain qui doit sans doute se demander s’il doit encore être sous l’ombre d’un lutteur qui ne gagne plus, dont on dit qu’il est vieillissant et qui n’a plus surtout une image très reluisante. Eumeu a battu celui qui a battu Tyson dans un combat où on n’a pas trop senti d’efforts fournis par le chef de file de l’écurie Boul Fallé. D’aucuns sont même allés jusqu’à dire que c’est un peureux qui n’a pas vraiment combattu et qui cherchait juste à toucher son cachet.
Dimanche dernier, on l’a en tout cas senti plus humble, esquissant des pas de danse, chose qu’il sait bien faire par ailleurs parce qu’il n’avait pas aussi la faveur des pronostics face à un Balla Gaye II, jeune, pugnace et technique. La danse, le show, étaient aussi une manière de se donner confiance, d’avoir un soutien d’un public qui ne demande qu’à être respecté pour revenir en de meilleurs sentiments. Tyson avait besoin de cela. Même Pikine, dans ce quartier de Darou où il avait fait une partie de ses classes, l’avait à nouveau adopté puisque ses supporters se sentaient snobés. Ils s’attaqueront à nouveau à lui à l’issue de sa défaite.
Tyson doit savoir qu’au delà du business et du sport, il y a une image à porter vers la jeunesse, et Yahya Diop yékini, tout champion humble et modéré, l’a si bien compris qu’il ne considère pas ce sport sous l’angle juste du business et de l’égoïsme. Il a construit une école dans son fief, ce qui traduit aussi une forme de générosité et un message en direction de la jeunesse et selon lequel, la lutte est un sport, mais l’éducation aussi est très importante.
Balla Gaye II, malgré son show "agressif" d’avant combat lui a demandé pardon pour des mots que Tyson pourrait juger déplacés et lui a gentiment demandé de ne pas arrêter sa carrière. Une forme de leçon qui invite sans doute à l’humilité, mais qui vise aussi à l’inciter à faire un travail sérieux en gagnant certes de l’argent. L’orgueil est un défaut, mais lorsqu’il est mis en avant, il doit quand même aller de pair avec des résultats, un certain engagement ainsi qu’une réelle implication lors des combats.
Que Tyson se mette au travail, oublie son drapeau, s’"ouvre aux gens, il n’en sera que plus respecté.






Idiovisuel



























c’est bien dit vraiment et félicitations.c’est le résumé fidèle de la carrière et du comportement de Tyson.