NETTALI - Le Président Wade a-t-il perdu la main ? Au regard des dernières nominations opérées au sein du gouvernement, on peut légitimement se poser la question. Un peu trop de cheveux dans la soupe. Après Alassane Dialy Ndiaye, Mamadou Diop, dernièrement flanqués ministres d’Etat et avec sucettes à la bouche, la Connectivité et la Provincialisation, voilà l’athlétique Abdoulaye Makhtar Diop qui se taille lui aussi une place au soleil, après une longue course, marathonienne devrait-on dire. Comme ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, on ne pouvait pas attendre moins de lui.
Et puis quoi, le Bon Dieu aime les esprits endurants. Les mendiants qui traînent à longueur de journée devant les feux rouges et autres carrefours stratégiques, la main tendue et le front en sueur, en font sans doute partie. Abdoulaye Makhtar Diop aussi. Qui a toutes ces années déployé la tactique de la main tendue. Il n’a franchement rien à apprendre des mendiants professionnels pour avoir fait montre d’une ténacité légendaire dans une sorte de « mendicité politique ». Même en plein deuil, tout dernièrement, Abdoulaye Makhtar Diop n’a pas hésité à servir de bons clins d’œil au Président Wade, venu lui présenter ses condoléances. Ouf !
Nommé ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique et de l’Emploi, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports peut bomber le torse. Lui dont le parti politique, Socialistes unis pour la renaissance du Sénégal (Surs) est franchement bien inconnu de la plupart des sénégalais et même des dakarois. Question : Quelle logique préside à la propulsion de politiques dont la force de frappe politique a décliné depuis que le Parti socialiste a perdu le pouvoir ?
Que peut bien apporter Abdoulaye Makhtar Diop à la majorité présidentielle, à un an de la Présidentielle ? De nouvelles voix pour la reconquête de Dakar ? Si c’est la capitale, perdue lors des dernières locales qui justifie la décision de nommer les « trois mousquetaires lébou », c’est que le Président a tout faux. Il est vrai que Mamadou Diop a connu ses moments de gloire, alors qu’il était tout puissant maire de Dakar, sous le régime socialiste. Et Abdoulaye Makhtar Diop dont les talents d’orateur ne sont plus à démontrer, a fait les beaux jours du Parti socialiste (Ps) à Dakar. Mais tous les deux ont épuisé leurs jetons. Et il est peu probable qu’ils puissent inverser les fortes tendances des élections locales de 2010.
Au contraire, il faudrait s’attendre à ce que cette nomination crée un malaise au sein de la majorité présidentielle. Et d’abord au Pds, un parti traversé par des crises plus profondes qu’on ne le croit. C’est un secret de Polichinelle que le débat de la légitimité est en train de ressurgir au sein des Bleus, après la grande vague de la transhumance politique constatée au tout début de l’alternance. Qui ne se rappelle pas du cérémonial honteux d’anciens caciques du Ps, défiler devant sa Majesté Wade, fraîchement porté à la Magistrature suprême ? La mayonnaise avait bien pris à l’époque puisque le Pds avait réussi à élargir son assiette électorale. Mais les temps ont bien changé.
A un an de l’élection présidentielle, les lignes de fracture sont visibles au sein du parti au pouvoir. La fronde engagée par Idrissa Seck au sein de la formation libérale pourrait trouver dans la situation actuelle un terreau fertile. Les adversaires d’Aminata Tall veulent bien relever que cette dernière ne pèse plus lourd dans son fief à Diourbel, mais elle se prévaut d’une légitimité que les nouveaux alliés de Wade ne peuvent pas brandir. Et que vont penser les militants libéraux de la première heure de la nomination de Diop Makhtar, eux qui se sentent largués par la barque bleue ? Quel intérêt ont-ils à mouiller le maillot pour faire élire un homme qui propulse au gré de ses humeurs, les hommes qu’il veut, à des postes politiquement stratégiques ? Ne donne-t-il pas raison, après coup, à Aminata Tall d’avoir refusé le portefeuille de la Fonction publique ?
Autre question : quel destin attend aujourd’hui la deuxième personnalité de l’Etat, dont les actes posés vont directement dans le sens contraire de son déploiement ? Pape Diop n’est visiblement pas celui sur qui compte le Président Wade pour reconquérir Dakar. Manifestement, tous les ingrédients sont aujourd’hui réunis pour que le Pds renoue avec la saison des turbulences. Et ce n’est pas Idrissa Seck ou Macky Sall qui vont être mécontents de cette situation. Toute la question est de savoir à qui tout cela va profiter.






Idiovisuel





























Très bonne analyse !!! Je croyais Mr Wade plus malin que ça mais ces derniers agissements me laissent croire que notre vieux Ndiombar a perdu la main. Il passe le plus clair de son temps à poser des actes pour l’élection de 2012 et rien pour regler les problèmes des sénégalais. Le pir dans tout ça c’est que tout ce qu’il entreprend est voué à l’echec. Je me demande même s’il pourra tenir jusqu’en 2012. Vu que son autorité est de plus en contesté au sein de la prairie bleue, il est tout le temps sous la menace de ces collaborateurs qui éprouvent le malin plaisir à lui proférer des menaces comme quoi il risque de perdre le pouvoir s’il ne les donner pas de bons postes. Pour ce qui est de la nommination de Mr Diop, soit Wade perdu la tête soit il a perdu les réalités du pays. Croire que Mr Diop peut lui apporter quelque chose en vu de 2012 relève vraiment de la cécité politique.