
Bécaye Diop, ministre d’Etat, ministre des Forces armées, était face aux Sénateurs pour le vote de la loi instituant le service national militaire. Ce jour-là, contre toute attente, le ministre Bécaye Diop avait apporté son « soutien sans réserve » à son collègue Cheikh Tidiane Sy qu’il remplace aujourd’hui au ministère de l’Intérieur dans l’affaire d’agression des journalistes par des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) de la police nationale.
« Chaque fois qu’un citoyen agresse un policier, je resterai toujours solidaire avec mon collègue de l’intérieur. Je ne souhaite pas être dans la situation de mon collègue de l’Intérieur (Cheikh Tidiane Sy). Toutefois, le jour où un gendarme se fera agresser dans un quartier, j’investirai ce quartier. C’est avec véhémence que je condamne les agressions devenues récurrentes perpétrées contre les forces de sécurité dans l’exercice de leur fonction. Ce qui s’est passé avec la police, on va y mettre un terme. Car force doit rester à la loi », avait dit le ministre Bécaye Diop.
« N’OUBLIEZ PAS LE RWANDA »
« Que chacun fasse ce qu’il doit faire et les brebis sont bien gardées. La presse ne peut se substituer à la justice. Moi journaliste, je peux me mettre dans un coin et donner de faux résultats parce que je suis partie prenante et cinq minutes après, vous mettez l’Etat et la justice dans une situation énorme. N’oubliez pas les événements au Rwanda et au Burundi. Les radios d’une manière officielle ne peuvent pas proclamer un résultat. Maintenant, si les radios veulent se substituer à la justice, à la Cena et au ministère de l’Intérieur, ça c’est autre chose. Mais nous n’en sommes pas encore là. En tout cas jusqu’au moment où, je vous parle, vous journalistes, vous ne pouvez pas parler au nom du ministère de l’Intérieur pendant que je suis présent »
ET BECAYE DEVIENT UN SIMPLE CITOYEN
« Quand on m’a posé la question, j’ai répondu en tant que Bécaye Diop. On m’a prêté des propos à Touba. Avant d’être ministre, je suis d’abord citoyen. J’ai ma perception personnelle, mon point de vue. On ne peut pas m’ôter le droit de dire ce que je pense. Je n’ai pas dit que j’allais mater quelqu’un qui donnerait des résultats. J’ai dit que chacun fasse ce qu’il doit faire et les chèvres seront bien gardées. Celui qui doit donner les résultats, qu’on lui donne le temps de voir et de les programmer. Si on donne la possibilité à des individus donnés, comme les journalistes par exemple, de donner à une certaine heure des résultats en direct sur les antennes des radios, cela peut influencer le vote et les résultats du scrutin ».
SEDHIOU, LE TERROIR ÉCHAPPE A LA FURIE
"Sédhiou a la chance d’être mon terroir, si c’était ailleurs, j’aurais ordonné aux forces de l’Ordre d’ouvrir le feu sur les élèves. Je ne comprends pas qu’on s’attaque au symbole de l’Etat et au chef de l’exécutif représentant le chef de l’Etat. J’aurais dû envoyer 500 hommes pour arrêter tous les élèves, mais j’ai une part à Sédhiou. Je ne peux plus accepter une telle violence de la part de jeunes. Je ne vais plus accepter qu’on vienne s’attaquer au symbole de l’Etat, le représentant de l’Etat. Quand j’ai entendu dire qu’on a pris le gouverneur en otage, j’étais complètement dépassé. J’ai appelé et j’ai demandé au gouverneur où est-ce qu’il était. Il m’a dit, qu’ils (les élèves) sont en train de tout brûler. Ce n’est pas normal, c’est la dernière fois. Sédhiou a la chance d’être mon terroir. Ç’aurait été ailleurs, j’aurais donné l’ordre d’ouvrir le feu. Mais si je le fais, les populations diront que c’est parce que je suis de Kolda. J’ai failli à mon serment, car je n’ai pas autorisé qu’on ouvre le feu. A Ziguinchor, j’ai demandé aux forces de l’ordre d’arrêter les élèves, ils ont arrêté 10 personnes. On doit implanter un commissariat à Sédhiou et les locaux ont été trouvés, il ne reste que l’équipement de bureaux. D’ailleurs, j’avais affecté un commissaire à Sédhiou, il a fait deux semaines sur le terrain et, faute de bureau, on l’a redéployé. Je vais encore envoyer un autre d’ici une semaine. Mais qu’on soit clair, si le Conseil régional et la mairie n’équipent pas les bureaux du commissariat, Sédhiou va rester un an sans un commissariat de police.’’.
Et dernières « bécayeries » en date, c’est lorsqu’il déclare : « Touba affaire bi fii la » pour relever le caractère unique et incontournable de la ville sainte, avant d’entrer en transes, évoquant un rêve qu’il aurait fait.

















