
Les perspectives en 2010 sur le plan politique ?
2010 est une année importante par rapport à 2012. C’est une année pré électorale. Il serait souhaitable que les crispations politiques entre le pouvoir et l’opposition connaissent un début de détente. La décision du président de la République de satisfaire les revendications de l’opposition sur le code électoral va dans ce sens. Encore, faudrait-il qu’aussi bien la majorité comme l’opposition comprennent la portée de cette démarche et travaillent pour construire un consensus fort pour la préparation de 2012. La majorité n’aurait rien à gagner dans une controverse incessante ou des contentieux sur la préparation des élections de 2012. Il faut souhaiter que 2010 soit une année de dialogue, de négociations pour obtenir le maximum de consensus autour du code et du fichier électoral.
Pour ce qui concerne particulièrement, la mouvance présidentielle, 2010 est une année décisive durant laquelle à régler les contentieux, conflits, frustrations internes pour être prêts à mener la bataille pour la troisième victoire du Sopi, après celles de 2000 et 2007. Cela passe par le fonctionnement effectif de l’Alliance nouvellement créée du sommet à la base et par la prise en considération de toutes les composantes de cette coalition qu’il convient d’élargir au maximum.
Sur le plan social ?
Sur le plan social, malgré les signes d’amélioration de l’économie internationale, 2010 risque d’être une nouvelle année de tensions et de pénuries. Il reviendra donc au gouvernement d’approfondir sa politique de solidarité avec les couches les plus démunies de la population, notamment par la baisse des prix des denrées de première nécessité et de l’électricité. Et, enfin je crois que 2010 sera une année d’épanouissement de la presse avec tous les nouveaux médias qui vont s’installer. Il faut souhaiter que ceci s’accompagne d’une plus grande responsabilité de la part des différents acteurs.
Dans le secteur de l’enseignement public, on peut espérer que 2010 sera une année d’apaisement, à la suite des derniers accords conclus avec les syndicats. Si c’était le cas, les usagers de l’école pourraient vérifier une nouvelle fois que malgré la modicité des moyens, la qualité de la formation délivrée par l’école publique est de loin supérieure aux autres. Une réalité que les nombreuses grèves, malheureusement, tendent à occulter.
2010, c’est aussi l’année du cinquantenaire des indépendances africaines. Au-delà des célébrations qui seront organisées, un bilan doit être tiré, cinquante ans, après les indépendances. De 1960 à 2010, sommes-nous indépendants ? Comment les Etats africains, notamment ceux de l’Ouest pourraient-ils s’unir pour se soustraire, en particulier des dépendances économiques et monétaires qui sont le principal obstacle à l’éradication de la pauvreté dans nos pays ?
Sort du monde rural ?
Nous souhaitons que 2010 soit une année aussi pluvieuse que 2009. Mais surtout, une année durant laquelle, les paysans pourront véritablement profiter du fruit de leur travail. Pour ma part, je souhaiterais que la filière arachidière soit déprivatisée au profit des organisations des producteurs, c’est-à dire au profit des paysans. Tout le monde constate que Suneor jouit d’une situation de rente aussi juteuse que dénuée de tout fondement économique. Une réorganisation de ce secteur me semble impérative, si nous voulons que les efforts de l’Etat en matière de subvention, profitent réellement aux paysans.
Situation en Casamance ?
S’agissant de la Casamance, et plus généralement de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, 2010 sera une année de préoccupations, surtout si l’on songe à l’évolution de la situation en Guinée-Conakry et en Guinée-Bissau. Il faut donc espérer une plus grande coordination au niveau des Etats, mais aussi, au niveau des partis politiques, des syndicats, des jeunes, des femmes, des Ong, etc., pour une résolution pacifique des conflits en cours et une lutte commune contre le grand banditisme qui sévit au niveau de nos différentes frontières
Le gouvernement poursuivra certainement les négociations avec les différents groupes armés pour la consolidation de la paix en Casamance. Mais encore une fois, le grand défi sera celui de la criminalité transfrontalière.





























