lundi 8 mars 2010 - PROFESSEUR DIALO DIOP, SECRETAIRE GENERAL DU RND
’’La célébration des 50 ans d’indépendance est une tromperie’’
NETTALI.NET-Invité de l’émission « Opinion » sur WalfTv, le professeur Dialo Diop, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (Rnd) a estimé que la célébration des 50 ans de notre indépendance est une tromperie. ’’A son avis, notre pays n’a pas véritablement connu son envol puisqu’il a connu trois faux départs depuis son accession à l’indépendance nationale.

Le premier faux départ, selon le professeur Dialo Diop, ’’c’est la fausse indépendance avec le maintien sous tutelle française des secteurs relevant de notre souveraineté’’. Pour argumenter son propos, le secrétaire général du Rnd cite, l’éclatement de la Fédération du Mali, l’élimination politique du président Mamadou Dia. C’est pourquoi souligne-t-il, ’’la renaissance de l’Afrique passe par une véritable souveraineté et une réunification du continent’’.

Le second faux départ, poursuit-il, ’’c’est la succession désignée de Senghor par Diouf en 1981’’. Et enfin soutient, Dialo Diop, le troisième faux départ constitue ’’l’avènement de l’alternance caractérisée par l’incompétence des libéraux qui ont fait une copie caricaturiste du régime socialiste’’.

Très critique à l’endroit du régime libéral, le secrétaire général du Rnd adresse ses griefs à Me Abdoulaye Wade avec l’avènement de l’alternance : ’’Il y a faux départ parce que nous l’attendions pour qu’il approfondisse les acquis démocratiques, mais il a fait de telle sorte que le Sénégal est aligné au même titre que les pays où les élections sont contestées et contestables’’.

Et le secrétaire génaral du Rnd faisant allusion à la transhumance d’ajouter : ’’la corruption qui était pandémique est devenue épidémique et Me Wade est devenu spécialiste du recyclage des déchets du Ps’’. Il ne manque pas d’égratigner les deux régimes qui se sont succédés en ces termes : ’’les deux régimes se valent mais les libéraux sont plus gourmands, plus grossiers et moins policés’’.

C’est fort de tout cela que Dialo Diop pense que les erreurs du passé doivent être évitées en ce qui concerne la prochaine présidentielle. ’’Wade n’était pas notre premier choix, mais la tactique du second tour lors de l’élection présidentielle de 2000 fait que nous l’avons choisi. Seulement il a foulé le mode de gestion qui a été mis en place’’. Selon lui, ’’nous avons vu un régime des usurpateurs, rabatteurs, c’est pourquoi nous voulons avoir le maximum de garantie pour éviter erreurs du passé’’.

Abordant la question du dialogue politique national, M. Diop apporte la réplique au Chef de l’Etat qui a déclaré qu’il n’appelle pas l’opposition pour qu’elle et son régime se partagent le pouvoir. ’’Il prend le monde à son image parce que quand il dialoguait avec Diouf, c’était pour négocier un portefeuille ministériel’’, assène-t-il tout en précisant que tout ce que l’opposition veut, c’est de discuter sur la façon d’arriver à des élections transparentes.

Sur un autre volet, M. Dialo Diop est revenu sur son différend avec Madior Diouf qui se réclame lui aussi secrétaire général du Rnd. ’’Ce qui nous oppose c’est une divergence de ligne et non un problème de poste. Après seize ans passés à la tête du Rnd et sans congrès, il a dévié de la ligne démocratique et consensuelle que Cheikh Anta Diop nous a léguée’’.

- Mis en ligne par FATOU SY -


  • très bonne analyse professeur ,au moins ce cinquantenaire de l’indépendance que vous analyser par rapport aux échecs des régimes qui ceux sont succédés au pouvoir ne sont pas dû aux colonisateurs mais bien aux politiques sénégalais. Aujourd’hui le pays est dans un état lamentable ,ruiné et abandonné par les investisseurs étrangers sérieux et non par des bricoleurs de la finance. Que sera 2012 si l’on doit attendre cette date pour un changement présidentiel ,il faut un homme honnête avec un programme économique courageux pour que le Sénégal redevienne un pays reconnu sur le plan international et leader en Afrique,le problème est de savoir qui possède cette envergure d’homme d’état.Il est certain que si notre justice était courageuse suite aux différents audits financiers de ces derniers mois ,que beaucoup de politiciens seraient en prison.
  • Trés bonne analye je ne reviens pas sur les erreurs des persi qui se sont succédé avec leur facon de gerer la chose polititique mais sur le sens que l’on devrait donner à la célébration du cinquantenaire de notre independance. J’ai seulement peur qu’à la fin des activités que l’on entende encore l’eternel discours de nos presi :« Nous avons asisté à un beau spectacle . l’armée nous a gratifié d’un défilé impecable c’est l’occasion de felicier le ministre en charge de cette manifestation » et cette année il faudra ajouter la mention speciale qui sera decernée au génie senegalais car le senegal n’en compte qu’un seul genie Son excellence l’éminent , le plénipotentiel , le demi dieu KARIM WADE..Et en ce moment tous les ministres se léveront comme un seul homme pour clamer haut et fort « EUSSKEY DEGUELA » et PEH de conclure « MOME REK MO DIARRA SANTA » en mettant pour la circonstance tous nos xalifs generaux en vieilleuse jusqu’au prochain magal ou maoul ou ziarra . Je repropose sur l’ensemble du triitoire national une journée de don de sang (à planifier) , sacrifice d’une journéé de salaire (à mettre à la disposition des hopitaux) ? Une journée d’investissement humain jusqu’au village le plus reculé du senegal ( balayer les hopitaux , les places publiqies , les marches, les lieux de cultes les routes les quartiers ect.. . . .) Réfléchissons ensemble sur quoi faire d’agrables et utiles a la fois . Un concert avec tous les grands musiciens du moment ( YOU PEN THIONE BABAMAL ISO LO VIVIANE TITI ROCK MBALX ECT. . . à l’interieur du senegal . Ce cinquantenaire doit etre une journée de sacrifice par chaque senegalais pour tous les senegalais . Ya aussi la reflexion sur les grands sujets qui assaillent presentement notre vie. Et pour cette circonstance qu’il n’existe un seul unique parti LE SENEGAL . Vous savez tous les pays qui se sont developpés ont à un certain moment de leur histoire eu le courage de s’arretter d’enterrer leur hache de guerre et de se regarder les yeux dans les yeux et de se dire en face sans mettre de masque “ça ne va pas alors quoi faire ?”
  • Monsieur le Secrétaire général, cher condisciple et ami.

    Je ne suis pas sûr que vivant Cheikh Anta Diop aurait partagé ton jugement sévère de la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance du Sénégal. Peut être aurait-il choisi une autre forme de commémoration privilégiant l’intellection sur la dimension festive susceptible de faire oublier la portée ontologique de cet événement.

    Je le sais, cher ami, nombreux seront les historiens d’une école révolue à nous rebattre les oreilles de lieux communs comme si nous n’avions rien retenu des leçons sur le Sénégal d’autrefois apprises au cours de nos humanités. L’histoire utilisée à des fins idéologiques ne peut servir à la citoyenneté que si elle sait dépasser le factuel et l’événementiel pour s’intéresser à la philosophie de l’histoire qui permet d’aller au sens véritable des faits et donnés empiriques déjà fixés dans la mémoire des peuples. Mais les biographes, hagiographes et hérauts crépusculaires n’y trouveront pas leur compte, me diras-tu, car cette remise en perspective de l’histoire - dans le bon sens - laisse peu de place pour l’éloge intéressé à des personnages qui doivent leur historicité à la dialectique historique fondée davantage sur les dynamiques sociétales que sur le récit de vies personnelles.

    Cheikh Anta en scientifique de renommée mondiale aurait remis l’évolution du Sénégal souverain dans le contexte de domination politique et économique imposé par un système international d’abord bipolaire et largement connoté par les règles inéquitables du pacte colonial, puis devenu subitement global à la suite de la désintégration de l’empire soviétique. Ainsi il n’aurait pas mésestimé l’effort méritoire du Sénégal pour dénoncer, au moment des indépendances, la balkanisation du continent, et peu après l’expérience de la souveraineté nationale pour stigmatiser la détérioration des termes de l’échange. A la lumière des relations internationales de cette époque, il fallait soit être réaliste en ajustant habilement sa doctrine et sa politique aux rapports de forces, soit agir par idéalisme et s’engager dans la voie d’une rupture en sortant des blocs, quitte à faire payer très cher ce radicalisme au pays, à la démocratie et aux libertés.

    Avec la fin de l’ère des pères de la nation, leurs successeurs contraints n’ont eu d’autre ressource pour se maintenir au pouvoir que de s’ouvrir à la démocratie pluraliste. Tu le sais autant que moi, ils donnaient raison sans doute à leur corps défendant à la loi de Tocqueville tirée de l’histoire de l’ancien régime et la révolution :« ce n’est pas parceque la situation de la France empirait sous l’ancien régime que la révolution de 1789 s’est déclarée, mais parceque l’amélioration des conditions mettait encore plus en relief les inégalités, les rendant inacceptables aux yeux de la majorité ». Appliquée au Sénégal au début des 1980’s, tu comprends pour quelles raisons le régime socialiste n’a cessé de vaciller du fait de la contestation du mode de dévolution du pouvoir par l’artifice d’un article de la Constitution au lieu d’un retour à la souveraineté du peuple suffisamment matûre pour pouvoir décider de qui devait gouverner.

    L’alternance survenue en 2000 a donné à la vie politique une nouvelle respiration plus normale jusqu’au moment où de l’imaginaire collectif est sortie l’idée d’une succession au pouvoir de type dynastique. Depuis lors le pays est comme victime d’une embolie que ne semblent pouvoir guérir ni les estimables réalisations du gouvernement libéral ni les appels à l’apaisement et au dialogue de la part des autorités religieuses.

    Mais en tout état de cause, la célébration de 50 ans d’indépendance ne peut pas passer pour un non événement. Elle vaut au moins une pause pour méditer sur les valeurs et l’état dans lequel le Sénégal va être légué aux générations futures.

  • tout ce que l’opposition veut, c’est de discuter sur la façon d’arriver à des élections transparentes.
  • jusqu’au moment où de l’imaginaire collectif est sortie l’idée d’une succession au pouvoir de type dynastique


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