
En tout cas, pour la Gc, il faut prendre les dispositions nécessaires pour organiser un débat contradictoire au Parlement en direct à la télévision sur tous les aspects de la licence de téléphonie mobile de Millicom. Cette fois-ci, au moins, elle n’a pas « choisi » d’emblée une station Radio-Tv, comme ce fut le cas lors du premier défi lancé au PS via un « package » concocté autour du groupe Wal Fadjri.
Il y a même des airs d’arène dans ce méli-mélo, alors que les télévisions commencent justement à s’adapter aux exigences du monde professionnel avec les montages faits autour des grands combats de lutte. Chapeau. Il en est de même avec le championnat professionnel de football dont les matchs sont maintenant retransmis en direct sur la RTS. Quelque chose bouge dans le sens d’un link plus soutenu entre le sport et la télévision au Sénégal. C’est qu’il y a beaucoup de sous en jeu et les sponsors se bousculent. Sponsors ? Tigo, justement, le label de Sentel ne saura pas sur quel pied danser. Pourquoi ? Revenons à Karim Wade et à son « désir » de débattre avec Ousmane Tanor Dieng…
Le « combat », selon le schéma proposé par la GC, devrait avoir lieu au Parlement, donc le Sénat (dont Pape Diop préside toujours aux destinées) et l’Assemblée nationale réunis. Mais Tanor Dieng n’est pas parlementaire, pardi ! Tout au plus, vu son passé de ministre d’Etat, le secrétaire général du Ps, pourrait squatter la loge réservée aux « hôtes de marque ».
Karim Wade, actuel ministre d’Etat, de la Coopération internationale, de l’Aménagement du Territoire, des Transports aériens et de la coopération internationale, devrait, lui, s’installer au banc du gouvernement… Avec quel arbitre ? Devant quel public ? Cette possibilité est aussi improbable que la chance du sans-le-sou qui salive devant l’objet désiré. La GC s’insurge sur les attaques « infondées », du secrétaire général du PS sur la personne du ministre d’Etat, Karim Wade. Selon le communiqué rendu public à cet effet, le chef de file des socialistes voudrait masquer son rôle dans la gestion « ombrageuse » de l’octroi de la licence de téléphonie mobile au Groupe Millicom, propriétaire de « Sentel-Tigo ».
Pour les membres de la Génération du concret, à chaque fois que Karim Wade, grâce à ses compétences avérées, fait des réalisations saluées par tous, Ousmane Tanor Dieng saute sur des prétextes du style : « Il l’a fait à quel titre ? », pour s’en prendre à lui. Pour le porte-parole de la Génération du concret, Karim Wade et Thierno Ousmane Sy, dans cette affaire de licence de téléphonie mobile, ont agi en parfaite adéquation avec les directives présidentielles préférant les intérêts du peuple avant tout. En réalité, souligne le communiqué signé par Aboulaye Sèye, actuel conseiller du Dg de la RTS, Karim s’est élevé contre le bradage, au profit de quelques investisseurs étrangers, des ressources du pays. Patriote sincère et redoutablement averti des questions de finance et de négociation internationales, le communiqué note que Karim Meïssa Wade l’a toujours démontré dans la gestion des nombreux dossiers que lui a confiés le chef de l’Etat.
« Tanor n’est pas de son temps et ne peut pas comprendre les enjeux mondiaux relatifs à la téléphonie et aux télécommunications. Pour ce dernier, Ousmane Tanor Dieng, alors tout puissant Premier secrétaire du Ps et ministre d’Etat et directeur des affaires et services présidentiels, a profité de sa double casquette pour organiser et planifier, à l’échelle industrielle, des magouilles d’une envergure insoupçonnée, comme celle relative à la vente de licences de pêche », conclut l’organisation politique officieuse du fils du président de la République.
Il est normal que Karim Wade –qui ne siège toujours pas au conseil municipal de Dakar où il a été élu lors des dernières élections locales- veuille se mesurer à OTD. C’est la marque d’une ambition. Cela veut au moins dire que la GC vit toujours, après les appels lancés par son mentor pour occuper la meilleure position dans le processus de vente des cartes du Pds/L. Mais ne se trompe t-il pas de cible ? Les mêmes arguments lui seront servis par les supporters de Tanor Dieng et de l’opposition en général pour expliquer pour l’ancien candidat à la présidentielle, patron d’une formation qui fait partie des locomotives de l’opposition au président Wade, ne peut décemment pas « débattre » avec le ministre d’Etat. Ce n’est sans doute pas une question de personnes mais, assurément, un principe d’identité, de géographie et, tout simplement, de « normalité ».
Avec la GC, on sait que ses initiatives, pour une raison inexpliquée, conduisent toujours à de gros faits-divers, si ce n’est pas le contraire ! Comme une sorte de scoumoune. Sa naissance (la rentrée en politique de Karim Wade) a entraîné en partie « l’affaire Idrissa Seck » et conduit l’ancien Premier ministre Macky Sall dans l’opposition radicale. Son projet de prendre la mairie de Dakar a au moins fait inscrire un fait inédit dans les annales politiques du Sénégal : pour la première fois depuis 1960, le maire de la capitale est un opposant au président de la République. Son projet de « débat télévisé » avec le secrétaire général du Ps sur l’antenne de « Wal Fadjri » capote en laissant une image « puérile » au sein de l’opinion publique.
Sans qu’un lien formel n’ait pu être établi entre les deux situations, les locaux du groupe de presse de Sidy Lamine Niasse sont vandalisés, des employés blessés au sang, les images filmées avec les auteurs des faits en pleine action. Le commanditaire présumé, membre influent d’une famille religieuse, n’est pas inquiété après avoir refusé de déférer à une convocation de la police. « Wal Fadjri » continuera à faire l’actualité, sans doute à son corps défendant, avec les « affaires » de son ancienne journaliste-vedette, Aïssatou Diop Fall et ses déboires judiciaires avec le Bureau Sénégalais des droits d’auteur (BSDA)…
Beaucoup de dossiers soulevés par la GC sont des placards à ouvrir, c’est sûr. Il y aura toujours des insecticides médiatiques prêts à l’emploi pour traiter les cafards qui en sortiraient. Il faut absolument solder les comptes dans l’affaire qui oppose l’Etat au groupe Millicom. Que la justice vide le contentieux ! Mais lier et centrer toute initiative politique d’envergure sur un plus qu’impossible débat Tanor-Karim, pour alléchant qu’il soit, passée l’incontournable polémique que la langue de « travail » ferait naître, rappelle certains épisodes d’un classique de la littérature Sénégalaise laissé à la postérité par Ousmane Socé Diop depuis sa parution, en 1935. L’écrivain y raconte l’entrée dans le vrai monde d’un jeune homme. Le titre du bouquin ? « Karim ».





























