
Farba, on lui demande simplement de prendre le nom des bavards dans l’opération de mutation du Pds vers le Pds-L, au profit, disent les mauvaises langues, de Karim Wade, et voilà que le chambellan de la famille présidentielle veut aller au tableau noir pour conjuguer le verbe « défendre le président » au conditionnel passé deuxième forme, avec toutes les conséquences que cet exercice peut impliquer au plan de l’orthodoxie grammaticale et...politique.
On ne discute pas des goûts et des couleurs, certes, mais pourquoi y a t-il alors des musées ? Justement, le chargé de la propagande (moment d’ailleurs abandonné partout) des libéraux est un excellent conservateur du legs sopiste. De gestionnaire de l’opération de placement des cartes du nouveau parti des Wade, il a rapidement endossé les habits de numéro deux bis. Le voilà qui a le temps de se muer en porte-parole.
Dans une déclaration, le « coordonnateur du Pds », -son nouveau titre-, réagissant au communiqué de Bennoo Siggil Sénégal, qui compte organiser une manifestation, souligne que son parti est favorable à une marche nationale contre toutes les formes de violence, regroupant tous les partis politiques, les organisations de la Société civile et tous ceux qui le désirent sans exclusion. « Une telle démarche », selon lui, « aura l’avantage d’exhumer toutes les violences commises au Sénégal depuis la période où notre pays aspirait à l’indépendance. »
In fine, « mettre en évidence, entre autre, tous les cas de violence auxquels sont mêlés nos gouvernants durant le règne socialiste qui n’ont jamais été élucidés ou fait l’objet d’enquêtes sérieuses. » Farba Senghor est mal placé pour s’immiscer dans le débat sur la non-violence, et cela, les médias ne le soulignent pas assez. Il a été plus qu’impliqué dans le saccage de sièges des journaux « L’As » et « 24 heures Chrono » ; sans suite malgré les conclusions accablantes contre sa personne. Il symbolise l’impunité. Mais il est béat de joie intérieure car l’atmosphère s’alourdit, la tension monte et la confrontation perceptible. En effet, ces temps-ci, Me Wade en tête, le camp présidentiel fait feu de tout bois, et pose des actes forts...
Samuel Sarr, bille en tête, attaque Moustapha Niasse sur le suintant dossier du pétrole ; l’une des têtes de file de l’opposition est accusé par le ministre de l’Energie de s’être enrichi grâce à des privilèges dont il aurait bénéficié quand le Ps était aux affaires. Ayant épuisé la polémique autour du monument de la renaissance Africaine et fait un tour par Haïti, le président Wade a invité les haïtiens à venir au Sénégal, « pays de la Téranga » (hospitalité), oubliant son Haîti à lui, peuplé par ces victimes des inondations dans cette banlieue si proche ! Et hop, sans que l’on s’y attende, selon une information de première main de « La Gazette », il a acheté « Les Dents de la Mer », la villa dakaroise que l’Etat Sénégalais avait léguée au président Senghor au lendemain de sa démission, le 31 décembre 1980. Wade attaque jusqu’au patrimoine indirect des socialistes. Les symboles parlent...
Quand Wade a un projet, c’est, pourvu que le but soit atteint. Il avait dès le début de son magistère évoqué une « provincialisation » du Sénégal. Devant le tollé soulevé par le projet en 2000, dix ans après, il revient pour « envisager » la nomination de ministres-résidents à la place des gouverneurs ; des sortes de pro-consuls nommés par lui-même... ll semble que le chef de l’Etat est très porté vers le modèle d’administration proche de celui sur lequel s’était appuyé l’administration coloniale. Les pièces du puzzle se mettent en place : césarisme démocratique ou despotisme éclairé, avec un système de chefferie administrative.
Il réchauffe donc un projet qui lui tient à cœur, comme il règle un autre problème en rachetant « Les Dents de la Mer » : l’héritage du président Senghor. Ces actes, très intimistes, contrastent avec les périls qui pèsent sur le front politico-social avec des départs de feu, à deux ans officiellement du prochain scrutin. Une petite frappe du nom de Massaly, président du conseil d’administration d’une importante société navale, animateur d’un mouvement de soutien à Wade, serait l’instigateur de la tentative d’incendie de la tribune qui abritait des huiles socialistes lors d’un meeting à Thiès.
Il est jugé mercredi 27 janvier. Pour corser l’affaire, un véhicule est incendié au siège dakarois du Pds. Accusations et contre-accusations ubuesques. Des proches du patron des jeunesses socialistes, Barthélémy Dias, sont un moment entendus par les policiers. Ambiance. Le maire de Mermoz se lâche dans les médias : « les libéraux ont un plan qui consiste à installer la violence dans le pays pour y rendre impossible la tenue d’élections... ». Mais c’est à la guerre comme à la guerre. Les opposants n’entendent pas laisser Wade souffler, ni l’inititative d’ailleurs. Ils déterrent segura. Wade dit un truc, eux, en disent un autre. Wade qui attaque Senghor, Diouf, le peuple socialiste se réveille, et c’est la guerre par médias interposés. Gorgui en a eu aussi pour son grade avec Bathily, qui en marge d’une rencontre à Dagoudane Pikine a craché comme pas possible le feu sur lui. Et Walf grand place a relevé cela à sa une d’hier, lundi. Il n y a en fait que Dansokho et Bathily qui osent parler ainsi à Wade, de cette manière là !
Il y a en fait, trop de hors-la-loi en col blanc dans ce pays. Les incendiaires du groupe de presse « Wal Fadjri » courent toujours. Pourtant, les assaillants ont été filmés, le principal suspect dans l’organisation de l’attentat, entendu par la sûreté nationale, est tranquillement retourné vaquer à ses occupations. L’impunité est un précieux catalyseur du non-Etat. Personne n y a intérêt. Même si l’agacement peut pousser à la radicalisation. Ainsi, des figures de la scène politique, et pas des moindres comme Landing Savané préconisent l’application de la loi du Talion : oeil pour oeil, dent pour dent, au nom de la légitime défense. Toutes les possibilités sont envisagées dans les deux camps qui se regardent en chiens de faïence. Et la violence plane. Les mots sont guerriers et les attitudes belliqueuses. Rendre coup pour coup. Quel gâchis !
Légitime défense ? N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte. Il s’agit donc d’apprécier les actes posés selon leur juste proportion. Mais comment le faire dans une classe politique entraînée dans la démesure et le hors-normes ?
Au train où vont les choses, on est parti pour une campagne violente pour deux ans. Vivement 2012 pour les gens se remettent au travail.





























