lundi 1er mars 2010 - PAR IBRAHIMA SENE, SECRETAIRE CHARGE DES AFFAIRES ECONOMIQUES DU PIT
Coopération militaire avec la France : Wade vend pour 300 hectares, le dernier pilier de notre souveraineté nationale
La révision des Accords de Défense en cours avec la France, risque de transformer, si l’on n’y prend garde, le statut international de notre Armée. En effet, tout le monde sait que les accords de Défense, objets de révision, ont fait de notre Armée nationale, une « force d’appoint » à l’Armée Française, pour la Défense des intérêts économiques et stratégiques de la France en Afrique.

C’est ainsi que, dans cette fonction, l’Armée sénégalaise est intervenue à côté de l’Armée française, au Zaïre (descente des Paras sur Kolwezi) pour sauver le régime de Mobutu, au Rwanda (Opération Turquoise), pour sauver les « génocidaires » et les exfiltrer vers le Zaïre, et, enfin, au Tchad (Opération Epervier) pour sauver le régime d’Idriss Deby.

Ces interventions ont largement terni l’image de marque de notre Armée nationale, réputée mondialement par son Professionnalisme dans les terrains de maintien de la paix, à la demande de l’ONU, de l’Union Africaine, ou de la CEDEAO.

Dans ces nouveaux Accords en négociation, la France veut continuer à faire de Dakar sa base d’intervention, et cherche à intégrer directement l’Armée sénégalaise dans le dispositif sous régional de son Armée, pour adapter la défense de ses intérêts économiques et stratégiques, aux exigences des nouveaux enjeux internationaux dans l’Afrique de l’Ouest.

Incontestablement, pour la France, les enjeux fondamentaux, en Afrique, passent par le contrôle militaire du Golfe de Guinée, qui est devenu un centre d’âpres compétions entre grandes puissances, pour l’accès aux matières premières africaines (Pétrole et autres ressources minières).

Dans ce contexte nouveau, la France a encore, plus que jamais, besoin de la position stratégique de Dakar par rapport au Golfe de Guinée, et de nos forces de sécurité, pour leur Professionnalisme avéré.

A cet égard, le Général Paulus, Commandant des Forces françaises du Cap Vert, est formel en annonçant que ‘’la France maintient en permanence dans le Golfe de Guinée un bâtiment de guerre, pour porter assistance à ses ressortissants. Si l’on doit fermer l’une ou l’autre, (Dakar ou Libreville), ce navire devrait couvrir 15 pays, au lieu de 10, allant de la Mauritanie au Mozambique’’. (cf. le journal « L’express » du 12 Septembre 2009).

De même, Hervé Morin, Ministre Français de la Défense, a affirmé, sans sourcilier, que ‘’Dakar sera notre pôle de coopération sous régionale pour la montée en puissance de l’ensemble des forces. C’est ce qu’on appelle « Forces Africaines en Attente » (FAA). C’est-à-dire, des Forces chargées du maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique’’. (cf. le quotidien « Rewmi » no 287 du 23 /02/2010)

Ainsi, face à ces objectifs publiquement exprimés par la France, l’on note, dans ces négociations, du côté du Sénégal, une absence totale de Doctrine militaire, clairement définie, par rapport aux stratégies de la France et d’autres puissances étrangères, qui se disputent le contrôle militaire de notre sous région. Wade se contente de réclamer les 300 hectares de terre occupés par la base militaire Française à Hann Bel Air, en profitant du projet français de redéploiement de sa stratégie militaire, et, pour des contraintes budgétaires, de réduction de ses effectifs, qu’elle compte compenser par les effectifs et le Professionnalisme de notre Armée nationale.

Donc, après 50 ans que la France a confié notre destin aux mains de ceux qui ne voulaient pas l’Indépendance de notre pays, et qui s’étaient mobilisés en 1958 pour le maintien de sa domination coloniale, la France a déjà repris les secteurs Clef de notre Economie d’où le « Nationalisme économique africain » des années 70 et 80 l’avait expulsée.

En effet, sous DIOUF, elle a repris le secteur de l’eau (SDE), de l’électricité (SENELEC), et des Télécommunications (SONATEL), tandis que, sous Wade, c’est au tour de la filière arachidière (SUNUOR), de la filière cotonnière (SODEFITEX), et du transport ferroviaire, (TRANSRAIL), de tomber sous son contrôle, sans compter les secteurs les plus rentables qu’elle n’a jamais quittés.

Aujourd’hui, c’est l’Indépendance de notre Armée nationale qui est en jeu dans la renégociation des Accords de Défense avec la France. Le Sénégal risque d’être soumis « poings et pieds liés » à la France, et notre Armée nationale, de se transformer en « Tirailleurs Sénégalais » du troisième millénaire.

Face à ces négociations, les Républicains, Démocrates et Patriotes Sénégalais, au sein du pouvoir, dans l’opposition, dans la société civile, et dans nos forces de sécurité, sont interpellés par notre peuple, l’Afrique et le monde entier.

Va-t-on laisser Wade, pour sa boulimie foncière, porter ainsi l’estocade à notre souveraineté nationale ? Ou bien, devons nous, tous ensemble, saisir l’opportunité de ces négociations, pour réaliser notre ambition nationale de contribuer à la formation d’une Armée sous régionale, qui ne serait pas une simple FAA, mais une Force en mesure de défendre les intérêts économiques et stratégiques des pays de la CEDEAO dans le Golfe de Guinée, face aux appétits des multinationales et de leurs Etats.

Pour cela, il faudrait que les Accords en cours de négociation, permettent le transfert, à notre Armée nationale, des bases et des équipements dont disposent l’Armée française dans notre pays, pour se donner les moyens militaires d’intervention, compatibles avec les missions d’une Force sous régionale de maintien de la paix et de la sécurité dans l’Afrique de l’Ouest.

De cette manière, aucun pouce de terre ne serait cédé à Wade, et la France serait en conformité avec les déclarations de son ministre de la Défense, qui a précisé que ‘’nous voulons que les Africains assurent par eux-mêmes et progressivement des opérations de stabilité et de maintien de la paix en Afrique’’. Ce que, sans le recours à une tutelle militaire extérieure quelconque, le Professionnalisme de nos forces armées et de sécurité, les prédisposent à assumer, immédiatement, pour peu qu’elles disposent de l’équipement et de la logistique nécessaires à cet effet.

C’est pour toutes ces raisons, que les négociations en cours, devraient se focaliser sur le calendrier du transfert des bases et des équipements à notre Armée nationale, et non pas seulement sur la réduction des effectifs. Cela permettrait d’éviter, que les bonnes dispositions de la France à œuvrer à l’avènement d’une Force Africaine en Attente (FAA), telles que déclamées par son ministre de la Défense, ne soient perçues que comme un « emballage », destiné à rendre acceptable la mise sous tutelle de notre Armée nationale.

En contrepartie d’une telle volonté de coopération, ces négociations devraient aussi donner à la France, des assurances pour la protection et la sécurité de ses ressortissants dans n’importe quel pays de la CEDEAO, pour que cette tâche ne soit plus prétexte de maintien de forces armées étrangères dans nos pays, ou de leurs interventions dans les crises de la sous région.

A cet effet, la CEDEAO devrait encourager ses pays membres, concernés par la révision des accords de Défense avec la France, à mener ensemble, avec son appui, les négociations pour obtenir des Accords qui rendent à nos Forces Armées leur indépendance totale, pour bâtir une grande Armée, en mesure d’assurer la sécurité et le maintien de la paix dans notre sous région.

Comme avec les Accords de partenariat Economique (APE), les organisations syndicales et de la société civile de notre sous région, devraient se mobiliser auprès de la CEDEAO, pour l’accompagner dans cette œuvre historique de recouvrement de notre souveraineté internationale.

C’est le seul moyen de transformer les accords individuels de défense de chaque Etat, encore en vigueur, avec une puissance étrangère, en Accords de défense globale des intérêts économiques et stratégiques des peuples des pays de la sous région, par l’intégration de nos forces Armées et de sécurité, pour constituer une Force Armée capable d’assurer la sécurité et la paix dans cette partie d’Afrique.

IBRAHIMA SENE PIT/SENEGAL Dakar le 26 Février 2010-02-26

- Mis en ligne par Mayaram -


  • A lire sur le site web du Sénat français (http://www.senat.fr/bulletin/20100201/etr.html#toc5)

    Accord entre la France et le Sénégal sur la promotion et la protection réciproques des investissements - Examen du rapport

    La commission a procédé à l’examen du rapport de M. René Beaumont sur le projet de loi n° 568 (2008-2009), adopté par l’Assemblée nationale, autorisant l’approbation de l’accord sur la promotion et la protection réciproques des investissements entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal.

    M. René Beaumont, rapporteur, a tout d’abord déclaré que cet accord s’inscrivait dans le contexte d’une relation étroite entre la France et le Sénégal.

    Il a rappelé que le Sénégal était un acteur important de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique en général, très présent dans les instances multilatérales et aux Nations unies. Il a noté que la France entretenait des relations étroites avec le Sénégal et était liée à ce pays par de nombreux accords, y compris un accord de défense puisqu’une force de 900 hommes y est actuellement pré positionnée.

    D’un point de vue économique, il a indiqué que la France était le premier client européen du Sénégal, son troisième client mondial, derrière le Mali et l’Inde, ainsi que son premier fournisseur loin devant les autres pays européens. Il a précisé que le total des échanges entre les deux pays dépassait 800 millions d’euros. Il a ajouté que, avec un stock de l’ordre de 530 millions d’euros, la France était le premier investisseur au Sénégal, présente dans de nombreux domaines : du BTP à la construction, de l’environnement à l’énergie, dans l’ingénierie, les secteurs financiers et bancaires et, enfin, dans la communication, le commerce et l’immobilier. Il a relevé, à cet égard, que le chiffre d’affaires des entreprises françaises représentait à lui seul près de 25 % du PIB sénégalais et que cette situation justifiait qu’une convention fixe un cadre protecteur pour l’ensemble des investisseurs français.

    Puis, M. René Beaumont, rapporteur, a souhaité rappeler que cet accord avait été conclu dans un contexte marqué par une indéniable ambition réformatrice du pouvoir en place qui s’était traduite par une modernisation générale du cadre des affaires tout à fait propice au développement des investissements internationaux, comme l’a montré l’adoption, en 2004, d’un nouveau code des investissements et, en 2007, d’un nouveau code des marchés publics. Cet accord intervient néanmoins aussi à un moment où l’économie sénégalaise éprouve des difficultés. Le Sénégal a connu à la fois un ralentissement de sa croissance économique en 2009 en raison de la crise économique mondiale et des difficultés structurelles de sa balance des paiements. L’économie reste fragile. Le secteur primaire reste vulnérable aux conditions naturelles et à la volatilité des cours mondiaux des activités. Le secteur secondaire reste très concentré sur l’extraction et la transformation des phosphates, sur la transformation agroalimentaire, sur le BTP et le ciment. Le secteur tertiaire, en dehors des télécoms reste, en grande partie informel. Le tourisme est une source de devises dans un contexte de grande concurrence entre les destinations mondiales.

    Il a souligné que la détérioration de la balance des paiements et de la balance commerciale extérieure du Sénégal avait conduit, à partir de 2007, les autorités du pays à demander l’intervention du FMI et de la communauté internationale. Cela n’empêche pas le Sénégal de présenter de nombreuses opportunités pour les investisseurs internationaux. Il a fait remarquer que les investissements directs s’étaient multipliés dans les secteurs du ciment, des mines, de la banque, dans les secteurs concernés par les privatisations, comme celui de l’arachide et de l’huile, celui de l’eau et de l’assainissement, dans les phosphates, le fer, les télécommunications, dans les infrastructures portuaires et aéroportuaires, et dans le tourisme.

    Il a évoqué ensuite la nouvelle concurrence que constituaient, pour des investisseurs traditionnels comme la France, les sociétés du Golfe intervenant dans les domaines de l’énergie électrique et portuaire, et des investisseurs plus récents comme l’Inde ou le Maroc.

    Il a indiqué que de nombreuses privatisations ou encore des partenariats publics privés étaient en cours ou prévus en 2010, tels que :

    • la mise en concession sur trente ans d’une autoroute à péage entre Dakar et Diamniadio qui a été signée en juillet 2009 avec le groupe Eiffage ;
    • la réhabilitation du réseau de la production et du transport de l’électricité en partenariat public privé ;
    • la poursuite de la privatisation des infrastructures du port de Dakar.

    En conclusion, M. René Beaumont, considérant que cet accord viendra conforter la volonté réformatrice des autorités sénégalaises et favorisera les investissements français en leur offrant un cadre sécurisé, a proposé d’adopter le projet de loi.

    Evoquant l’accord de défense qui lie la France au Sénégal, M. Didier Boulaud a souhaité que, conformément aux discussions qui avaient eu lieu lors de l’élaboration du Livre blanc sur la défense nationale, le Parlement, et en particulier la commission, ait une plus ample connaissance du contenu des accords de défense conclus par la France.

    M. Josselin de Rohan, président, a indiqué que ce point pourra être évoqué lors de la prochaine audition du ministre de la défense.

    M. Jean-Louis Carrère a souhaité, à ce propos, que, lors des auditions des ministres, plus de temps soit consacré aux questions des commissaires et a proposé que celles-ci soient posées avant l’exposé du ministre.

    M. Josselin de Rohan, président, a souhaité que, lors des auditions, un juste équilibre soit trouvé entre l’introduction au débat, que constituait l’exposé des ministres, et le débat lui-même.

    Evoquant la présence française en Afrique sub-saharienne, M. Jacques Berthou a souligné l’importance de la présence chinoise dans ces pays. Soulignant le lien entre développement et démocratie, il a estimé souhaitable que l’on soutienne, dans ce contexte, les pays comme le Sénégal et le Mali, dans lesquels la France est bien implantée et qui constituent, par ailleurs, des pays où la gouvernance démocratique est satisfaisante. Il s’est enfin interrogé sur l’existence de projets de liaison terrestre entre Bamako et Dakar susceptibles de désenclaver le Mali.

  • DU NIMPORTE QUOI ENCORE DES FANFANRONNADES ET DES INEPTIES DUN OPPOSANT QUI TIRE TOUJOURS SUR TOUT CE QUI BOUGE
  • Merci Monsieur Sene .Il n est pas donne à tout le monde d’avoir une vision.Ce pays est le notre et il est de bon ton de prendre les bonnes idees la ou elles sont.Seul le Senegal y gagnera.
  • Tres pertinente réflexion ; bravo Mr Seen, c est être un opposant ; le tout n étant pas de remettre en cause mais de faire des propositions réalistes et utiles pour tous.
  • Base Française au SENEGAL !!!!!!!!!!!! je suis pour le départ complet et systématique de la base française au SENEGAL. Je dis bien toutes les bases, de Ouakam à Bel Air !!!!!!!!!!!!! il faudra que le SENEGAL se donne les moyens de sa propre défense et de sa propre sécurité !!!!!!!!car depuis son installation au SENEGAL les militaires français contrôlent tous les points stratégiques du SENEGAL et les armes lourdes. le SENEGAL est aujourd’hui comme la Cote d’Ivoire d’Houphouet Boigny. Il se trouve que il y a des itinéraires souterains qui permettent l’évacuation rapide et secrète et qui emmagasinent toutes les armes stratégiques que Wade lui-même ne sait pas. Pour toutes ces raisons et il s’y ajoute la vrai indépendance après 50 ans de souveraineté que les toubab nous laissent en fin !!!!!!!!!! notre territoire. Et pour cela il faut du courage de bonne volonté politique et diplomatique pour y arriver sans grand dégâts collatéraux. C’est pourquoi, j’encourage et je soutiens fortement le Président Wade sur le point pour son aboutissement effectif et définitif conformément aux intérêts du Peuple Sénégalais. maintenant le reste revient aux Sénégalais de veiller de trés prés de l’utilisation des surfaces fonciers !!!!!!!!


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